Les émaux de Limoges

Au Moyen- Âge, les professions d'émailleurs et d'orfèvres sont indissociables. Cette activité portera le Limousin au sommet d'une production qui se diffusera dans toute l'Europe au XIIIème siècle.

Bénéficiant d'une place privilégiée au carrefour des routes de commerce et du soutien de mécènes prestigieux, les ateliers limousins feront rayonner leur savoir-faire et leurs créations au travers du travail de l'émail avec plus de 120 000 pièces diffusées. Aujourd'hui plus de 12 000 pièces sont conservées dans les plus grands musées du monde et en Limousin.

Ces premières productions d'émaux des ateliers limousins vont répondre à la demande en terme de mobilier liturgique.

Cette production abondante s'explique par la présence de gisements métalliques nombreux (cuivre, or, oxydes métalliques), une eau très pure (pas calcaire) et beaucoup de bois (pour faire fonctionner les fours). Tous les éléments étaient réunis pour le travail de l’émaillerie.

Les ateliers limousins produisent à partir du deuxième quart du XIIe siècle des objets émaillés sur cuivre champlevé (plaque épaisse dans laquelle on a creusé des champs ou alvéoles destinés à recevoir l’émail). L’Opus lemovicense ou « Œuvre de Limoges » a connu dès la fin du XIIe siècle une large diffusion dans toute l’Europe, favorisée à partir de 1215 par la décision du concile de Latran IV d’autoriser l’emploi de l’émail champlevé pour les vases sacrés.

Le succès de l’Œuvre de Limoges s’explique par le prix relativement modeste des matériaux, la vivacité des couleurs employées et la diversité des objets, à la fois religieux et profanes, mais aussi par la capacité des ateliers limousins à mettre en chantier soit une véritable fabrication en série, qui permettait de réduire les coûts de production, soit une production en nombre, comme la cinquantaine de châsses de saint Thomas Becket connues aujourd’hui.

A la fin du XVème siècle à Limoges, des émailleurs inventent une nouvelle technique dans l'art de l'émaillerie : les émaux peints. Ils ont contribué à la réputation de Limoges. C'est donc au XVIème siècle que ces deux professions vont se séparer.

Si Limoges fut le seul foyer de l'émaillerie peinte sur cuivre dans le royaume, c'est probablement grâce au talent et à la compétence technique de ces émailleurs.

Les premiers émaux peints ont peu de couleurs : bleu, vert, marron. L’iconographie est essentiellement religieuse. Elles sont commandées par l’Église, mais aussi par la bourgeoisie, venue du commerce, riche et pieuse.

Le XVIème connaît un développement des émaux peint très important, notamment grâce à la protection d’un émailleur limousin par le roi François Ier, nommé Léonard Limosin.

Au fur et à mesure on constate une évolution dans la qualité du dessin et de l’émail.

A la Fin XVIème siècle apparaît une nouvelle technique : la grisaille. Elle deviendra une spécialité de Limoges (même si on en connaît ailleurs, comme à Ligugé). Souvent le fond est noir, bleu ou violine et le dessin en blanc vient s’ajouter ensuite, déposé en couches successives, formant le motif. Cet émail blanc laiteux est appelé "Blanc de Limoges".

Assiette grisaille, Le mois de décembre, Limoges, 1565, Pierre Raymond © Musée des Beaux-arts de Limoges

L'Art de l'émail se perpétue encore aujourd'hui à Limoges malgré qu'il est connu des périodes de déclin.

Les émaux Arédiens perpétuent cet art traditionnel.


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